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Matin 5 sur 12 · La route d’Emmaüs

Dimanche 30 août 2026

« Nous espérions »

Hier, ils ont raconté toute l’histoire à un homme qui la connaissait mieux qu’eux.

« Quant à nous, nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël ; mais, avec tout cela, c'est aujourd'hui le troisième jour que ces choses sont arrivées. »

Luc 24, 21

(Crampon 1923)

Nouveau Testament · Évangile selon saint Luc, 49e des 73 livres · dernier chapitre

Jusqu’ici, ils récitaient des faits. Une arrestation. Un procès. Une croix.

La phrase qui vient n’est plus un fait.

Une espérance au passé

« nous espérions ».

Deux mots, et le temps du verbe dit tout : c’était vrai, ce ne l’est plus. Espérer, c’est attendre de quelqu’un ce qu’on ne peut pas se donner soi-même.

Ils ne disent pas qu’ils s’étaient trompés. Ils ne disent pas qu’ils ont renoncé. Ils disent : nous espérions. Quiconque a espéré, puis cessé d’espérer, connaît ce verbe-là.

Et leur espérance avait un contenu précis. Que ce serait lui qui délivrerait Israël — qu’il rendrait leur peuple libre. Ils n’attendaient pas de lui un enseignement de plus.

Ils attendaient une délivrance.

Il est mort.

Ils comptent les jours

Puis ils comptent.

« c'est aujourd'hui le troisième jour que ces choses sont arrivées »

Luc 24, 21

Regardez d’où ils comptent : depuis la mort. Depuis la croix. Comme on compte depuis une date qui a tout arrêté.

Trois jours, dans leur bouche, ce n’est pas une durée. C’est un délai.

Le temps raisonnable d’attendre encore est passé.

Ce que leur phrase ne sait pas

Vous savez une chose que ces deux hommes ont oubliée.

Leur maître l’avait annoncé. Deux fois. Qu’il serait mis à mort, et qu’il ressusciterait le troisième jour. Ressusciter : revenir de la mort à la vie.

Et quel jour sommes-nous, d’après eux ?

Le troisième.

Ils le disent eux-mêmes. Mot pour mot. Sans entendre ce qu’ils disent.

Le jour qu’ils comptent comme le dernier de leur espérance est exactement celui que la promesse avait fixé.

À qui ils le disent

Souvenez-vous maintenant à qui ils parlent.

Ils disent qu’ils espéraient que ce serait lui, à celui-là même dont ils parlent. Il marche à côté d’eux. Il les écoute mettre au passé ce qu’ils avaient placé en lui.

Il ne les reprend pas. Il ne dit pas qu’ils comptent mal. Il ne dit pas qu’ils se trompent de jour.

Il les laisse aller au bout de leur phrase.

Emportez seulement cela, ce matin : une espérance morte peut se dire à voix haute, et être écoutée jusqu’au bout.

Pour creuser

  • « Espérions » ne se lit que trois fois dans les 73 livres. Les deux autres emplois sont dans Isaïe, et ils disent les deux issues contraires du même verbe.

  • L’un dit une espérance trompée. « Voilà ce qu'est devenu celui en qui nous espérions » (Isaïe 20, 6).

  • L’autre, une espérance comblée. « Voici notre Dieu ; en qui nous espérions pour être sauvés » (Isaïe 25, 9). La phrase de la route d’Emmaüs se tient exactement entre les deux.

  • La phrase pivote sur son temps de verbe. Tout le récit qui précède était au passé des faits — livré, condamné, crucifié — et ici paraît l’imparfait, le temps d’un état qui a duré puis cessé.

  • La promesse est écrite deux fois dans ce même livre. « qu'il soit mis à mort et qu'il ressuscite le troisième jour » (Luc 9, 22) ; « on le mettra à mort et il ressuscitera le troisième jour » (Luc 18, 33). Et leur compte du troisième jour part de la mort, non de la découverte du tombeau au matin.

En parler

Ils ont dit leur espérance au passé, et personne ne les a repris. Si cela vous dit quelque chose, voici la question à poser.

Que faire d’une espérance qui n’est pas venue ?

Lilium Dei est ouvert : un compagnon avec qui parler de ce qu’on lit, chaque jour. Vous pouvez lui poser cette question — ou la vôtre.

À garder
« nous espérions » Luc 24, 21
Aujourd’hui
mettez des mots, aujourd’hui, sur une chose que vous n’espérez plus — par écrit ou à voix basse. On ne peut confier que ce qu’on a d’abord nommé.
Une question
qu’aviez-vous espéré qui n’est pas venu ?
Demain
ils diront ce que les femmes avaient annoncé au matin — et ce qu’on en a fait.

Si vous traversez un moment difficile, le 3114 est le numéro national de prévention du suicide. Il est gratuit et ouvert jour et nuit.

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Cette lettre est faite pour être transmise. Si quelqu’un vous est venu à l’esprit en la lisant, elle est aussi pour lui.

Ou recopiez cette adresse : https://lilium-dei.com

La Bible lue : traduction de l’abbé Augustin Crampon, 1923. Chaque citation est vérifiée contre ce texte avant l’envoi ; le texte intégral de Luc est sur Wikisource, pour aller y voir. Cette lettre est écrite avec l’aide d’une intelligence artificielle et relue avant chaque envoi. Le compagnon de dialogue de l’application est une machine, jamais une personne.

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