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Matin 6 sur 12 · La route d’Emmaüs

Lundi 31 août 2026

Ce que les femmes avaient dit

Hier, l’un des deux a dit l’espérance perdue : nous espérions que ce serait lui.

« À la vérité, quelques-unes des femmes qui sont avec nous, nous ont fort étonnés : étant allées avant le jour au sépulcre, et n'ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leur ont apparu et ont annoncé qu'il est vivant. Quelques-uns des nôtres sont allés au sépulcre, et ont trouvé toutes choses comme les femmes l'avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont point vu. »

Luc 24, 22-24

(Crampon 1923)

Nouveau Testament · Évangile selon saint Luc, 49e des 73 livres · dernier chapitre

Leur histoire n’est pas finie. Il leur reste le plus étrange à dire.

Et le plus étrange est arrivé ce matin même.

Avant le lever du jour

Il fait encore nuit quand des femmes de leur groupe prennent le chemin du sépulcre — le tombeau taillé dans la pierre où son corps avait été déposé.

Elles portent des aromates : des parfums préparés pour honorer un mort. C’est pour un mort qu’elles viennent.

Le corps n’y est pas.

Et des anges — des messagers de Dieu — leur disent qu’il est vivant. Elles courent le raconter aux autres.

On a vérifié

Alors quelques-uns des leurs sont allés voir.

Ils ont trouvé toutes choses comme les femmes l’avaient dit. La pierre roulée loin de l’entrée. Le corps absent. Tout, exactement.

« mais lui, ils ne l'ont point vu »

Luc 24, 24

Arrêtons-nous là-dessus, parce que le compte est troublant. Tout ce qui pouvait être contrôlé l’a été, et tout a été confirmé. Ce qui demandait d’être cru ne l’a pas été.

Alors ils ont conclu que cela ne prouvait rien.

Et ils sont partis.

Étonnés, pas convaincus

Écoutez le mot qu’ils emploient pour ces femmes : elles nous ont « fort étonnés ».

Étonnés. Pas convaincus. Ils l’avouent sans s’en rendre compte.

Car ce matin-là, quand les femmes ont tout rapporté au groupe, voici ce qu’on a fait de leurs paroles :

« ils regardèrent leurs discours comme vain racontage, et ils ne crurent pas ces femmes »

Luc 24, 11

Un vain racontage : des propos en l’air, qui ne méritent pas qu’on s’y arrête.

Une annonce vraie. Des témoins fidèles, qui n’ont rien déformé. Une vérification faite sur place, par les leurs.

Tout cela, tenu pour rien.

Ce n’est pas la nouvelle qui a manqué ce matin-là. C’est le crédit fait à celles qui l’apportaient.

Il ne manquait qu’une chose

Regardez où leur histoire s’achève. Sur un manque, et il est petit.

Ils avaient l’annonce : il est vivant. Ils avaient les témoins. Ils avaient la vérification.

Il leur manquait lui.

Et faute de l’avoir vu, ils ont tenu tout le reste pour rien, et ils ont pris la route.

Celui qu’ils n’ont point vu marche à côté d’eux depuis des kilomètres. Ils lui parlent en le regardant.

Voilà ce qu’il y a à emporter, ce matin : ce n’est pas toujours la preuve qui manque, c’est le crédit qu’on fait à celui qui l’apporte.

Pour creuser

  • « Racontage » n’a qu’un seul emploi dans les 73 livres : celui-là. Le traducteur n’a employé ce mot de dédain nulle part ailleurs en plus de mille pages. Il tombe au matin de ce même chapitre, quand les femmes rapportent l’annonce aux Apôtres — les compagnons les plus proches.

  • Celles qu’on n’a pas crues sont nommées ; celui qui n’a pas cru ne l’est pas. Le même chapitre donne les noms des messagères du matin — Marie-Madeleine, Jeanne, Marie mère de Jacques — tandis que le compagnon de Cléophas reste anonyme d’un bout à l’autre.

  • Le dernier mot de leur récit répond au début de leur route. « mais lui, ils ne l'ont point vu » (Luc 24, 24) fait écho à « leurs yeux étaient retenus de sorte qu'ils ne le reconnaissaient pas » (Luc 24, 16). Dans ce récit, tout le monde a des yeux, et personne n’a encore vu.

En parler

Ils avaient l’annonce, les témoins et la vérification, et ils n’ont pas cru. Si cela vous dit quelque chose, voici la question à poser.

Pourquoi croit-on plus facilement certaines personnes que d’autres ?

Lilium Dei est ouvert : un compagnon avec qui parler de ce qu’on lit, chaque jour. Vous pouvez lui poser cette question — ou la vôtre.

À garder
« mais lui, ils ne l'ont point vu » Luc 24, 24
Aujourd’hui
repensez à une parole que vous avez écartée cette semaine à cause de qui la disait. Reprenez-la aujourd’hui pour elle-même, comme si elle venait de quelqu’un d’autre.
Une question
quelle bonne nouvelle avez-vous refusé de croire — et pourquoi celle-là ?
Demain
l’inconnu parlera enfin — et ce ne sera pas pour consoler.

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Cette lettre est faite pour être transmise. Si quelqu’un vous est venu à l’esprit en la lisant, elle est aussi pour lui.

Ou recopiez cette adresse : https://lilium-dei.com

La Bible lue : traduction de l’abbé Augustin Crampon, 1923. Chaque citation est vérifiée contre ce texte avant l’envoi ; le texte intégral de Luc est sur Wikisource, pour aller y voir. Cette lettre est écrite avec l’aide d’une intelligence artificielle et relue avant chaque envoi. Le compagnon de dialogue de l’application est une machine, jamais une personne.

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